On se réveille
Après Katrina, les Américains, stupéfaits, découvrent qu'ils ont des pauvres chez eux. Des pauvres comme les pauvres des pays en voie de dévoppement. Des pauvres qui n'ont rien. Pas de quoi se nourrir ou s'habiller correctement. Des pauvres qui bossent des 60 ou 80 heures par semaine, font des boulots pourris payés au lance-pierre, vivent dans des conditions insalubres et n'espèrent rien d'autre que de pouvoir nourrir leur famille toutes les semaines sans se faire saisir leurs biens par quelque huissier impatient.
Ciel, quelle surprise ? Mais c'est aussi ça, l'Amérique. Celle des petites gens de rien, qui triment dur pour garder la tête hors de l'eau. Les laissés pour compte du rêve américain. Des pauvres comme chez Zola. Pas de paillettes, pas de strass. De la sueur et des larmes, comme Steinbeck l'a si bien écrit. Etrange pays, engourdi dans une léthargie que seules des catastrophes semblent être en mesure de secouer, parfois.
A +
