19 septembre 2005

On se réveille

Après Katrina, les Américains, stupéfaits, découvrent qu'ils ont des pauvres chez eux. Des pauvres comme les pauvres des pays en voie de dévoppement. Des pauvres qui n'ont rien. Pas de quoi se nourrir ou s'habiller correctement. Des pauvres qui bossent des 60 ou 80 heures par semaine, font des boulots pourris payés au lance-pierre, vivent dans des conditions insalubres et n'espèrent rien d'autre que de pouvoir nourrir leur famille toutes les semaines sans se faire saisir leurs biens par quelque huissier impatient.

Ciel, quelle surprise ? Mais c'est aussi ça, l'Amérique. Celle des petites gens de rien, qui triment dur pour garder la tête hors de l'eau. Les laissés pour compte du rêve américain. Des pauvres comme chez Zola. Pas de paillettes, pas de strass. De la sueur et des larmes, comme Steinbeck l'a si bien écrit. Etrange pays, engourdi dans une léthargie que seules des catastrophes semblent être en mesure de secouer, parfois.

A +

11 septembre 2005

Info gonflette et gonflante

Bon. Tout commence par l'appel désespéré du maire de La Nouvelle-Orléans, devant l'immobilisme des autorités fédérales à réagir au désastre causé par Katrina. En substance, le maire pousse un coup de gueule et prédit plusieurs milliers de morts.

Une dizaine de jours plus tard, on n'en sait pas beaucoup plus sur le nombre de victimes. Officiellement, 426 sont comptabilisées. On est encore loin des milliers de morts funestement annoncés et sans nul doute, le nombre va grimper nettement plus.

Mais...

Les medias ont battu le tam-tam comme des fous : des milliers de morts ! Ciel, c'est sûr, le nombre fait frémir, la situation est catastrophique... mais pourquoi jouer les Cassandre quand rien n'est avéré ? Quand rien ne permet encore de vérifier le moindre chiffre ? Plus il y aura de morts, et plus c'est bon pour l'audience ? Comme si le spectacle tragique de ces gens qui ont tout perdu ne suffisait pas... comme s'il fallait en rajouter dans ce drame terrible.

C'est ça, l'info manière 21e siècle ?

A+

09 septembre 2005

L'art des pirouettes

Ce type-là va encore s'en tirer par une pirouette dont il a le secret. Ce type-là, je veux dire, George Buisson. Les insultes me brûlent les lèvres, mais ce n'est pas le but de ce blog que d'insulter. Donc, motus.

Pour le reste, je veux dire que Monsieur Buisson va encore trouver moyen de se refaire une virginité politique, ou, tout au moins, de se trouver dans la posture de "C'est pas ma faute, je ne savais rien, je ne peux quand même pas être responsable". Moult commentateurs et observateurs politiques, sans aucun doute plus qualifiés que je ne le suis, mettent en avant la baisse de popularité de Georgie dans les sondages auprès de l'opinion publique américaine. Très bien, tout ça. Mais...

Il faut se procurer cette biographie* (en anglais seulement, à ma connaissance) ovni interdite du sieur Buisson, dont le parcours est jalonné de retournements de situations plus abracadabrants les uns que les autres. Ce type suit le vent tourner et le fait sien. On le croit perdu ? Il retourne sa veste. On le croit enfin piégé, empêtré ? Que nenni. L'homme fait montre d'une capacité hallucinante pour être exonéré de la moindre responsabilité.

Ce n'est pas les ratés de l'après-Katrina qui vont modifier quoi que ce soit. Hélas. Hè, c'est bien connu : c'est pas de sa faute, au Président.

C'est tout pour aujourd'hui.

A+

*"Fortunate Son", de J.H Hatfield, chez Soft Skull Press

02 septembre 2005

Pourquoi ???

Deux jours pour livrer nourriture et eau aux victimes du tsunami et cinq jours aux rescapés de la Nouvelle-Orléans ?

30 août 2005

Retour sur Terre

Ouh la la ! Faut que je m'y remette. L'été tire à sa fin, terminé le farniente.

C'est pas le premier de l'an, mais je m'engage ici même à reprendre la plume ré-gu-liè-re-ment.
Katrina, le prix de l'essence qui flambe, la pataugeoire Irak, la vague de chaleur... ce ne sont pas les sujets qui manquent. Alors, à demain.

02 juin 2005

Question de definition

Il ne passe pas un seul jour sans qu'un valeureux soldat de l'armée américaine se fasse trucider en Irak. Rappelons que ceux qui se font dégommer dépassent rarement la vingtaine d'années, ce qui, en soi, est un macabre rappel du terme "viande à boucherie".

Mais non. Ces braves petits gars, qui se sont souvent engagés mûs par quelque sentiment patriotique - et surtout parce qu'ils n'avaient pas un radis pour poursuivre des études, pas de formation en vue et pas d'autre futur que pompiste avec des horaires à la con et un salaire horaire de misère, ces petits gars, donc, partis hardiment la fleur aux dents et le fusil en bandoulière, ont maintenant statut de héros.

Qu'il n'y ait pas de méprise. J'ai les tripes nouées à chaque jeune engagé qui se fait zigouiller dans un conflit injuste et injustifié (oui, là, c'est bien de mon avis dont je cause). J'ai les nerfs de voir partie d'une génération contrainte de s'enrôler pour avoir l'illusion d'avoir son avenir devant elle. Au lie de ça, son avenir est plus sûrement six pieds sous terre, mais ceci est un autre débat...

Ces malheureuses victimes, pour ne pas les appeler victimes, sont rebaptisés héros. Pardon ? Un héros, ça n'est pas un mec de 20 ans qui croit jouer les Rambo dans un jeu vidéo grandeur nature et qui, de surcroiit, est PAYÉ pour faire son boulot.

Des héros ? Des vrais ? Nelson Mandela... Buzz Aldrin, Neil Armstrong... le quidam qui se jette à l'eau pour sauver quelqu'un de la noyade... un courageux qui prend la défense de quelqu'un en train de se faire agresser... Par pitié, pas un pauv' gars, payé au lance-pierres, qui a choisi d'être soldat.

A +

01 juin 2005

Formidables !

Ils sont épatants. Si si. Vraiment. Je veux parler de mon assureur auto et de mon banquier. Comme tous les ans à l'approche de mon anniversaire, je reçois une carte dûment dédicacée de mon assureur auto. Cool, quand même. Après tout, je n'ai vu ce type que deux fois en huit ans et lui ai parlé trois fois au téléphone. Non content de la carte, il s'est aussi fendu d'un message sur mon répondeur. Génial, quand même !

J'ai souvenir de mon assureur à Paris qui n'en faisait pas tant, loin s'en faut. Il avait commencé par enquêter sérieusement sur mon passé de conductrice (irréprochable, en plus !!!) avant d'accepter de me faire signer le moindre contrat avec lui. Tout allait bien, jusqu'au jour où un taxi a empaffé ma titine flambant neuve et qu'il paraît que les torts étaient partagés... Alors là, plus question de la moindre civilité, le papi assureur a fait sacrément la gueule, et d'un geste abrupt, a fait passer mon bonus de plus de 50 % à 21. GULP. Bref...

La palme revient cependant et sans discussion à mon banquier préféré qui, lui aussi, me fait parvenir, chaque année et avec la régularité d'un métronome, non seulement une chouette carte d'anniversaire avec un ticket de loterie dedans (si si), mais aussi une gerbe à poser sur ma porte aux alentours de Noël, un panier rempli de victuailles...

C'est pas bo, l'Amérique ?

A +